L'URAL 750 SPORTMAN

Pourquoi un tel virage ? (octobre 2012)

Pour acquérir l'attelage que vous pouvez admirer (ou pas) un peu plus haut, j'ai dû me défaire d'une BETA ALP4 et d'une SUZUKI GSX 1250 FA auxquelles j'étais attaché, surtout à la SUZUKI. Je viens de finir des études de développeur qui m'ont obligé à faire 200 bornes par jour, parfois avec la SUZUKI (là, c'était beaucoup moins une obligation). Les derniers temps, en septembre, j'ai beaucoup pris la moto, et j'ai été atterré de la perte de plaisir due à l'obligation imbécile d'avoir en permanence le nez (et l'oeil) sur le tachymètre... pour ne pas perdre mes points de permis, mon permis et pour ne pas me faire racketter pour de petits dépassements de la vitesse autorisée.

Je m'explique : le moteur de cette moto permet de monter à 9.500 tours/min, à 5.000 tours en 6ème, j'étais à 130 km/h, à 6.500 tours à 180 km/h (évidemment testé sur autoroute allemande). A 130 km/h, c'est la vitesse de croisière, le moteur ronronne, on entend le bruit des roues et de la chaîne bien plus que le moteur. A 110 km/h, je ne voyais plus l'aiguille du compte-tours, cachée par le support du GPS. Tenir le 110 km/h régulier sur les voies rapides, c'était mission impossible : 30 secondes sans regarder le tachymètre et j'étais à 130 km/h voire plus sans avoir rien ressenti. Donc, je rendais les gaz... et je pouvais recommencer 30 secondes plus tard...

Nos grosses motos sont l'équivalent des Porsche, Ferrari, et pour ma Suzuki 1205 FA, de grosse Mercedes. Et la loi sécuritaire nous impose de rouler comme si on avait des Deux Chevaux Citroën... Et bien, je résous le problème par l'absurde, j'achète une moto qui roule comme une 2 CV et avec laquelle je vais pouvoir rouler SANS REGARDER LE TACHYMETRE.

Il y a aussi d'autres motivations : le look rétro complètement délirant d'un attelage issu des années 1940, la perspective de me confronter à des méthodes de conduites complètement nouvelles pour moi, et, puisque l'animal ne rajeunit pas, une autre façon de considérer la route et les trajets en prenant mon temps.

J'avais le projet, d'ici une petite dizaine d'années, lorsque je blobloterai trop pour tenir sur deux roues, de me trouver une vieille BMW 900 avec side-car ou une Ural neuve. Des lois particulièrement tâtillonnes m'ont simplement poussé à avancer ledit projet. J'ai testé l'engin, enfin une Chang Jiang encore plus délirante puisque RIEN n'a été modernisé sur cette moto construite sur des plans de BMW datant de 1942, et c'est avec impatience que j'attends la livraison de mon attelage URAL... Mon épouse aussi, qui a fortement apprécié l'essai quand elle s'est assise dans le panier et m'a dit n'avoir jamais autant apprécié la route en étant assise à l'arrière sur la selle. A propos d'attendre, je vous conseille la lecture du sujet suivant.

Le parcours du combattant

J'ai commandé cette moto à la fin du mois d'août 2012, via mon super concessionnaire Suzuki de Charleville, et je devais la recevoir 10 jours plus tard, puisque commandée chez le concessionnaire officiel de la marque et disponible illico sur la plate-forme de stockage européenne. J'avais alors versé un confortable acompte de 4.000 € (d'où la vente de la Beta Alp4)

Nous devions aller réceptionner la bête, Eric (le concessionnaire Suzuki), le propriétaire de la Chang Jiang et moi-même. Eric (comment ça quel Eric ? Le concessionnaire Suzuki. Faut suivre un peu, même ceux du fond près du radiateur.) prends contact avec la boutique Ural et, consternation, on apprend que la plate-forme de stockage pour l'Europe est en cours de déménagement. D'après la boutique Ural, ils ont déménagé comme ça, sur un coup de tête, sans rien dire à personne, sans prévenir le réseau de vente... Il me prend pour qui lui ? Ils ont déménagé à la sauvette ? Mon oeil ! Je crois qu'il fallait surtout ne pas reporter l'encaissement du confortable acompte de 4.000 € et ne pas prévenir le client que ça allait durer un peu pour la livraison.

Brèfle (comme dirait Bérurier), une nouvelle date est prévue : le 18 septembre. Rebelote, organisations des 3 agendas, re-réservation d'un camion (c'est dans le Nord de la France que nous allons chercher la machine). Re coup de fil quelques jours avant le départ. Stupeur et consternation : la moto n'est toujours pas en concession, mais elle y sera dans la semaine du 24 au 29 septembre et nous pourrons l'enlever la semaine suivante.

Nous apprendrons quelques jours plus tard que la moto est entrée en concession (semaine du 01 au 06 octobre) et qu'elle sera prête la semaine suivante (du 8 au 13 octobre). C'est évidemment nous qui avons appelé pour avoir ces précieux renseignements... Bon, elle est en concession, ça avance.

Les renseignements, c'est nous (Eric en l'occurence) qui devons appeler pour les obtenir. Mais, une fois n'est pas coutume, c'est la boutique Ural qui a envoyé un mail chez Suzuki. La moto est là, mais le gars de chez Ural ne m'attend plus avec un chèque de banque de 8.000 € dans ma poche, il veut un règlement du solde par mandat AVANT la livraison. Il n'en est évidemment pas question, et il y a du Tribunal de commerce dans l'air...

Nous sommes le 11 octobre et American Twin (Ural) ne nous a toujours pas contacté. Eric a envoyé un mail hier et appelle Ural cet après-midi. Allons-nous ENFIN avoir une date ferme et définitive de livraison ?

C'est en fait le 11 octobre 2012... que la moto est arrivée en concession (voir photo ci-dessous, datée du 11/10/2012). La photo nous a été envoyée par mail (c'est gentil) avec une nouvelle demande de régler le solde par virement AVANT la livraison. Un nouveau mail du 16 octobre réitérait la demande et précisait les coordonnées bancaires de la concession URAL... Non, évidemment, le chèque de banque est dans mon portefeuille et n'en sortira QUE devant la moto prête à rouler !



Mon attelage est dans une de ces deux caisses.

Mais laquelle bon sang, laquelle ?
Du nouveau le 18 octobre 2012, le concessionnaire Ural me contacte chez moi par téléphone, je résume : il a fait entrer 2 attelages en concession et il est, du fait, très court en trésorerie. Il a besoin de mon solde (en fait, le chèque de banque). J'ai reçu la photo de la caisse, j'ai reçu 3 photos de ma moto, nous avons, Eric et moi, un paquet de mails qui prouve la transaction et j'ai envie de clôturer cette histoire au plus vite --> je poste le chèque avec accusé de réception.

Eric planifiera ensuite la date de réception de la moto le vendredi 26 octobre 2012 dans l'après-midi. Je fais assurer la moto pour le transport, puisque nous allons la chercher avec un plateau.

Bon accueil sur place, la moto est prête. MAIS : il manque l'enjoliveur de la roue du side, la trousse à outils et le porte bagage derrière le pilote (commandé en complément de la selle arrière et présentement en reliquat). Le carter 3 litres n'est pas monté, n'est pas là du tout, n'a même pas été commandé.

J'ai passé un peu plus de 10 minutes dans le panier avec le concessionnaire aux manettes... ET MON TEMPS D'INSTRUCTION ETAIT FINI...

J'allais oublier le geste commercial sympa qui m'a fait oublier le délai de livraison, passé de 10 jours à 2 mois et 1/2 : j'ai reçu un écusson Ural gratuit.

J'ai depuis relevé des rayures sur la peinture intérieure du coffre ainsi qu'un peu de peinture arrachée. Signalons également une petite surprise lors du premier remplissage de réservoir (livré avec 3 litres d'essence) : j'avais bien lu le manuel et je savais qu'il fallait remplir le réservoir jusqu'à 1,5 cm en-dessous de l'entrée d'essence. Mais quand le pistolet d'essence est en position, on voit beaucoup moins bien ce qu'il se passe en-dessous. Bref, j'en ai mis un peu trop. Bref, le trop à coulé du trop plein... Jusque là, tout est normal... Ce qui l'est moins, c'est qu'il n'y avait pas de durit au trop-plein et que l'essence coulait directement du réservoir sur la boîte à air, le moteur, ET LE POT D'ECHAPPEMENT. J'ai eu de la chance, la moto avait roulé, le pot était bien chaud, mais l'essence n'a pas pris feu... OUF. Dans les 10 minutes, Eric avait installé une durit. Merci Eric !

Que dire de plus ? Ah oui, j'ai reçu une Ural non immatriculée. J'ai dû m'en occuper moi-même. J'ai roulé samedi (100 km) et dimanche (100 km) avec une assurance comportant le n° de chassis et une plaque WW prêtée par Eric. Merci Eric ! (Vous vous souvenez, le concessionnaire Suzuki de Charleville-Mézières ; si vous habitez dans le coin, je vous conseille de vous adresser à lui quelle que soit la marque de votre bécane : l'accueil est franc et sincère, le personnel est super-qualifié, il ne brade pas son travail, ni celui de son équipe, mais je vous garantis un rapport qualité-prix imbattable ; si vous êtes juste de passage dans le coin et que votre cube tousse, passez aussi le voir. C'est un bon, et je ne suis payé pour faire sa pub.)

Les débuts

J'ai pris la route seul (100 km), le panier vide (toujours commencer par le plus difficile, après la suite paraît aisée). Pour ceux qui connaissent, j'ai fait Charleville - Vireux par le bas, par Revin, et le retour par Monthermé, par le haut. Une frayeur dans le premier vrai virage à droite : j'ai débordé assez largement, mais il n'y avait rien en face. Ca ne n'est arrivé qu'une fois : ralentir AVANT le droit, reprendre une légère accélération juste avant le virage, le prendre à la corde au lieu de faire un "extérieur - intérieur - extérieur" et gérer l'appui en fonction de la suite du virage.

Le lendemain, je suis allé dans les environs de Sedan (encore un petit 100 km) pour rencontrer Jean-Luc KIWI, qui attend impatiemment son "Ranger" et qui a accumulé une impressionnante quantité de documentation sur les Ural. Il m'a renseigné la concession Est-Motorcycles et son forum. Un bonhomme sympa le Kiwi, un motard à fréquenter assurément. C'est encore Eric qui a fait le lien pour ma rencontre avec Kiwi. Merci Eric !

Conclusion de ces deux 1ers jours : prudence et porcelaine... J'ai rangé dans une boîte mentale mes 42 ans d'expérience de la moto et je tente de la maintenir fermée quand je suis sur mon Sportman. J'appréhende encore un peu les virages serrés à droite : j'ai l'impression que le side déleste beaucoup et je compense en m'inclinant vers la droite. Quand je lèverai le panier, je veux que ça soit voulu. Je pense que suivre un vétéran pendant quelques centaines de bornes me ferait beaucoup de bien, mais je n'en ai pas sous la main. Je connais un Chang-Jiangiste (Jean-Christophe qui m'avait fait rêver sur son attelage), mais est-ce bien pareil au niveau de la conduite ???



Ce n'est plus une photo trouvée sur le net ou reçue par mail.

C'est la mienne !
Nous voici le 6 novembre, le compteur kilométrique est à 577. Je me sens de plus en plus à l'aise... Tout en restant extrèmement prudent et respectueux du rodage.

Dimanche passé, ma passagère souhaitait que je l'emmène en promenade. Nous nous sommes équipés. Nous sommes passé à la pompe pour faire le plein... puis nous sommes rentrés parce qu'il pleuvait comme "vache qui pisse" et que ce n'était pas génial pour une première sortie avec quelqu'un dans le panier. Quatre kilomètres, seulement, sur macadam glissant, qui m'ont permis de me rendre compte que les réactions de la machine à basse vitesse (prudence et porcelaine toujours) étaient nettement plus homogènes. A contrôler lors de la prochaine vraie sortie à deux.



C'est toujours la mienne !

Sous un autre angle
Le 7 novembre, je sors de chez Eric, de la concession Suzuki. Les poignées chauffantes sont montées : il a fallu démonter la tête de fourche pour les connecter après contact, mais je préfère comme ça, il y a toujours un passant "joueur" qui ne peut pas résister à l'envie d'appuyer sur un bouton et qui me viderait ainsi la batterie.

Le support GPS a été posé sans problème. Quelques mauvaises surprises toutefois : le bouchon de vidange avait été tellement serré auparavant que le filletage est déjà abîmé. Le bouchon de jauge avait, lui aussi, été serré par Hercule : rondelle écrasée en relief et joint caoutchouc légèrement coupé. A suivre...

Je vous remercie d'avance de me faire part de vos remarques éventuelles en passant par la page commentez" de ce site. N'oubliez pas vos coordonnées si vous souhaitez une réponse de ma part.

Un lien vers le site URAL


Données techniques

moteur transmission
Type 2-cylindres 4-temps, refroidi par air,
type Boxer
Alésage / course 78 mm x 78 mm
Capacité 745 cc
Puissance 29 kW à 5600 tr / min
Carburateurs 2 KEIHIN à dépression 32 mm.
Vitesse Max. Env. 110 kilomètres heure
Allumage Electronique
Embrayage : Doubles disques à sec
Boîte de vitesses : 4 vitesses + 1 marche arrière
Transmission finale : Type acatène
Modèle type cross : arbre d'entraînement en prise side-car
Démarrage : électrique ainsi que kickstart
châssis/freins - dimensions - poids
Poids à sec 330 kg
Poids total autorisé 610 kg
Longueur / largeur / hauteur 2.580 / 1.700 / 1.100 mm
Hauteur de selle 790 mm
Réservoir essence 19 l, (95 Octane)
Consommation 7,5 l/100 km
















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